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Simulation indemnité départ retraite : calculez votre montant réel étape

Simulation indemnité départ retraite 2026 : formules légales, salaire de référence, fiscalité et cas pratique chiffré pour estimer votre prime nette avant

Laura DuvalLaura Duval 20 minutes de lecture
Simulation indemnité départ retraite 2026 : calcul, barème
Calcul de indemnité départ à la retraite

Simuler son indemnité de départ à la retraite avant de poser sa démission exige de croiser trois variables : ancienneté, salaire de référence et cadre juridique du départ. Un salarié qui plaque le barème légal sans vérifier sa convention collective risque de laisser plusieurs milliers d'euros sur la table. Ce guide déroule chaque étape du calcul, du brut jusqu'au net dans le porte-monnaie, en distinguant clairement départ volontaire et mise à la retraite : deux régimes dont les montants n'ont rien à voir.

Ce qu'il faut retenir

  • L'indemnité légale de départ volontaire est plafonnée à 2 mois de salaire après 30 ans, mais la convention collective double souvent ce montant
  • Le salaire de référence doit être calculé selon les deux méthodes (12 mois et 3 mois), en retenant la plus élevée
  • En mise à la retraite par l'employeur, l'indemnité est proportionnelle à l'ancienneté et peut dépasser 10 mois de salaire
  • Les prélèvements CSG/CRDS à 9,7 % s'appliquent uniquement sur la part supra-légale de l'indemnité
  • Aucun simulateur officiel ne calcule l'IFC : construisez votre propre simulation avec les formules de ce guide

Ce que couvre vraiment l'indemnité de départ à la retraite

L'indemnité de départ à la retraite : aussi appelée indemnité de fin de carrière (IFC) : est une somme versée par l'employeur au salarié qui quitte l'entreprise pour liquider ses droits à la retraite. Prévue à l'article L1237-9 du Code du travail, elle constitue un minimum légal que la convention collective ou un accord d'entreprise peut améliorer.

Deux régimes coexistent, avec des montants sans rapport. Le départ volontaire (le salarié prend l'initiative) ouvre droit à un barème forfaitaire par paliers d'ancienneté. La mise à la retraite (l'employeur impose le départ) obéit à un calcul proportionnel à l'ancienneté, nettement plus généreux. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente quand on se lance dans une simulation d'indemnité de départ à la retraite.

L'âge de départ et le nombre de trimestres validés auprès de la CNAV et de l'Agirc-Arrco déterminent si vous partez à taux plein ou avec une décote. Ces paramètres influencent la date à laquelle vous pouvez légalement prétendre à l'IFC, mais pas directement son montant. Pour une vue complète sur les conditions d'âge et de trimestres, consultez notre article sur l'âge de départ, les trimestres et les montants en 2026.

Pour des informations récentes sur l'impact des lois de finances, découvrez les nouveautés du budget 2026 retraite.

Départ volontaire : qui peut y prétendre ?

Le départ volontaire à la retraite est ouvert au salarié en CDI qui remplit deux conditions cumulatives : avoir atteint l'âge légal de départ (entre 62 et 64 ans selon la génération) et justifier d'au moins 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise. Cette ancienneté minimale de 10 ans, fixée par l'article L1237-9 du Code du travail, est un seuil couperet : en dessous, aucune indemnité légale n'est due.

Le salarié doit notifier son intention par écrit à l'employeur en respectant le préavis conventionnel. La démission pour retraite n'ouvre pas droit aux allocations chômage, contrairement à une démission classique suivie d'une recherche d'emploi. C'est un point que beaucoup de salariés découvrent trop tard : une fois la lettre de départ envoyée, le retour en arrière est impossible sans l'accord de l'employeur. Notre modèle de lettre de départ à la retraite détaille les mentions obligatoires pour sécuriser la procédure.

Mise à la retraite à l'initiative de l'employeur : règles différentes

La mise à la retraite est déclenchée par l'employeur, pas par le salarié. Elle n'est possible qu'à partir de 70 ans (article L1237-5 du Code du travail), sauf si un accord collectif ou le contrat de travail prévoit un âge inférieur : jamais avant l'âge légal de départ à taux plein.

Le calcul de l'indemnité y est sans commune mesure avec celui du départ volontaire. La loi impose un minimum d'un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis un tiers de mois au-delà. Pour un salarié totalisant 35 ans d'ancienneté mis à la retraite, l'indemnité légale atteint environ 10,8 mois de salaire : contre 2 mois seulement en départ volontaire. L'écart est tel que certains contentieux prud'homaux portent précisément sur la qualification du départ.

Salaire de référence : la base de calcul que beaucoup sous-estiment

Le salaire de référence est le multiplicateur qui détermine la valeur d'un « mois » d'indemnité. Une erreur sur cette assiette se répercute directement sur le résultat final de votre simulation d'indemnité de départ à la retraite. Or la loi offre deux méthodes de calcul, et beaucoup de salariés se contentent de la première sans vérifier si la seconde leur serait plus favorable.

L'article L1237-9 du Code du travail impose de retenir la règle la plus avantageuse pour le salarié. En pratique, c'est rarement un détail comptable : entre les deux méthodes, l'écart peut représenter plusieurs centaines d'euros sur le mois de référence, et donc plusieurs milliers d'euros sur l'indemnité totale.

À noter : Le salaire de référence est évalué brut, avant toute retenue sociale ou fiscale. C'est ce montant brut qui est ensuite multiplié par le coefficient d'ancienneté pour obtenir l'indemnité brute, sur laquelle s'appliqueront les prélèvements détaillés plus bas.

Les deux méthodes de calcul du salaire de référence

La première méthode retient 1/12ᵉ de la rémunération brute des 12 derniers mois précédant la notification du départ (La Finance pour Tous, 2026). Elle lisse les variations de revenus sur un an et avantage les salariés dont les primes sont réparties régulièrement.

La seconde méthode, souvent plus généreuse pour ceux qui ont perçu des primes ponctuelles en fin de carrière, retient 1/3 de la rémunération brute des 3 derniers mois (La Finance pour Tous, 2026). Elle capte mieux les pics de rémunération : prime de fin d'année, commission exceptionnelle : concentrés sur le dernier trimestre.

Prenons un exemple concret. Un responsable commercial gagne 3 800 € brut par mois, avec une commission semestrielle de 4 000 €. En méthode 12 mois, son salaire de référence atteint 3 800 + (8 000/12) = 4 467 €. En méthode 3 mois, si la dernière commission tombe dans le trimestre, on obtient (3 × 3 800 + 4 000) / 3 = 5 133 €. Soit un écart de 666 € par mois d'indemnité. Sur une indemnité de 2 mois, la différence dépasse 1 300 € brut.

Éléments inclus et exclus : ce que dit la législation

La rémunération brute de référence englobe le salaire de base, les primes contractuelles, les avantages en nature (voiture, logement), les commissions et la rémunération des heures supplémentaires : tout élément ayant le caractère de salaire.

Sont en revanche exclus du calcul :

  • Les remboursements de frais professionnels (notes de frais, indemnités kilométriques)
  • L'intéressement et la participation, qui relèvent de l'épargne salariale et non du salaire
  • Les sommes versées au titre du PER d'entreprise (Plan d'Épargne Retraite)
  • Les indemnités de rupture précédentes (transaction, licenciement antérieur)

La frontière peut être subtile. Une prime d'objectif mensualisée entre dans l'assiette ; une prime d'intéressement versée en une fois n'y entre pas. En cas de doute, rapprochez-vous du service RH ou d'un conseiller juridique : contester l'assiette après avoir signé le solde de tout compte est juridiquement complexe.

Le barème légal constitue le plancher. Votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir des montants supérieurs, et c'est systématiquement le plus favorable qui s'applique.

En départ volontaire, le barème est forfaitaire : 0,5 mois après 10 ans, 1 mois après 15 ans, 1,5 mois après 20 ans, et 2 mois après 30 ans d'ancienneté (La Finance pour Tous, 2026). Ce barème est peu progressif : un salarié qui part à 30 ans d'ancienneté touche seulement 4 fois l'indemnité d'un collègue qui part à 10 ans.

En mise à la retraite, le calcul est proportionnel : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà (source : éditions Tissot / Legisocial, 2026). Pour 35 ans d'ancienneté, cela donne (10 × 0,25) + (25 × 0,333) = 2,5 + 8,33 = 10,83 mois de salaire. La réponse à la question « quelle indemnité pour 35 ans d'ancienneté ? » est donc radicalement différente selon le cadre juridique du départ.

L'écart entre les deux régimes se creuse avec le temps. À 10 ans d'ancienneté, la mise à la retraite offre déjà 2,5 mois contre 0,5 en volontaire. À 30 ans, le rapport est de 9,17 contre 2 : près de 5 fois plus. Cette asymétrie s'explique par la logique du droit du travail : le départ volontaire est un choix du salarié, tandis que la mise à la retraite est subie.

Paliers légaux selon l'ancienneté

Le tableau ci-dessous synthétise les droits minimaux légaux pour chaque palier. Il ne remplace pas la vérification de votre convention collective, mais donne un premier repère pour votre simulation.

En pratique, la plupart des conventions collectives (métallurgie, commerce de gros, bureaux d'études techniques) prévoient des indemnités de départ volontaire supérieures au minimum légal. La convention Syntec, par exemple, accorde 1 mois après 10 ans (contre 0,5 mois légal), et la métallurgie monte à 3 mois après 25 ans d'ancienneté.

Quand la convention collective prime sur la loi

Le principe est simple : l'indemnité conventionnelle s'applique dès qu'elle est supérieure à l'indemnité légale. Aucune démarche particulière n'est requise du salarié : c'est l'employeur qui doit appliquer le montant le plus élevé, sous peine de rappel de salaire aux prud'hommes.

L'erreur classique consiste à simuler son indemnité sur la base du barème légal sans consulter sa convention collective. Certains accords de branche doublent, voire triplent les montants légaux. La convention du BTP, par exemple, prévoit une indemnité de départ volontaire pouvant atteindre 4 mois de salaire après 30 ans : contre 2 mois au barème légal.

Important : La convention collective applicable est inscrite sur votre bulletin de paie. Si vous ne la connaissez pas, consultez-la sur Légifrance ou demandez-la au service RH avant d'envoyer votre lettre de départ.

Simulation pas à pas : cas pratique chiffré pour un salarié de 62 ans

Pour ancrer les formules dans le réel, voici un cas concret. Marc, 62 ans, technicien de maintenance dans une PME industrielle, totalise 28 ans d'ancienneté. Il a validé tous ses trimestres auprès de la CNAV et de l'Agirc-Arrco : il part à taux plein, sans décote. Sa convention collective (métallurgie) prévoit une indemnité de départ volontaire de 3 mois après 25 ans d'ancienneté. Il veut estimer le montant net qu'il percevra.

Son salaire fixe est de 2 900 € brut mensuels. Il a perçu une prime annuelle de 3 500 € en décembre 2025 et une prime exceptionnelle de 2 000 € en septembre 2026 pour un projet bouclé. Ces deux primes figurent dans les 12 derniers mois, et la seconde tombe dans le dernier trimestre.

Attention : Avant de vous engager, formalisez votre demande par écrit. Notre guide sur la demande de prime de départ à la retraite détaille la procédure et les pièges à éviter.

Étape 1 : déterminer le salaire de référence le plus favorable

Méthode des 12 derniers mois : rémunération annuelle = (12 × 2 900) + 3 500 + 2 000 = 40 300 €. Salaire de référence = 40 300 / 12 = 3 358 €.

Méthode des 3 derniers mois : sur août, septembre, octobre 2026, Marc a touché 2 900 × 3 + 2 000 (prime de septembre) = 10 700 €. Salaire de référence = 10 700 / 3 = 3 567 €.

La méthode des 3 derniers mois est plus favorable de 209 € par mois de référence. C'est elle que l'employeur doit retenir pour le calcul.

Départ volontaire avec 28 ans d'ancienneté : le barème légal se situe entre 20 ans (1,5 mois) et 30 ans (2 mois). Par interpolation : que certains services RH appliquent, d'autres non, la loi ne précisant rien entre les paliers : on peut estimer le coefficient autour de 1,7 à 1,8 mois. En retenant l'interprétation prudente de 1,5 mois (le palier de 20 ans), l'indemnité légale brute = 1,5 × 3 567 = 5 350 €.

En mise à la retraite, le calcul serait tout autre : (10 × 0,25) + (18 × 0,333) = 2,5 + 6 = 8,5 mois, soit 8,5 × 3 567 = 30 320 €. L'écart illustre l'enjeu de la qualification du départ.

Étape 3 : vérifier si la convention collective est plus favorable

La convention collective de la métallurgie prévoit 3 mois de salaire après 25 ans d'ancienneté pour un départ volontaire. Ce montant (3 × 3 567 = 10 701 €) est nettement supérieur aux 5 350 € du barème légal. C'est donc l'indemnité conventionnelle qui s'applique, doublant presque le montant.

Si Marc n'avait pas vérifié sa convention collective et s'était contenté du barème légal dans sa simulation, il aurait sous-estimé son indemnité de plus de 5 000 €. Ce cas n'a rien d'une exception : une majorité de branches professionnelles prévoient des indemnités supérieures au plancher légal.

Étape 4 : calculer le net après charges sociales et impôt

L'indemnité conventionnelle de 10 701 € est soumise au régime social et fiscal des indemnités de rupture. La part correspondant au minimum légal (5 350 €) est exonérée de cotisations sociales. La part supraconventionnelle (10 701 - 5 350 = 5 351 €) supporte la CSG à 9,2 % et la CRDS à 0,5 %, soit 9,7 % : environ 519 € de prélèvements sociaux.

Côté fiscal, l'indemnité conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé entre le montant légal et 2 fois le salaire annuel brut de l'année N-1 (plafonné à 6 PASS). Pour Marc, dont le salaire N-1 avoisine 38 300 € (2 900 × 12 + primes), le plafond fiscal est confortable : l'intégralité des 10 701 € est exonérée d'IR. Le net perçu après CSG/CRDS serait d'environ 10 182 €.

Ce résultat dépend directement du cadre fiscal individuel. Pour une estimation précise de vos propres prélèvements sociaux retraite, utilisez notre simulateur de taux CSG retraite 2026.

Bonus : optimiser la sortie avec un PER

Si votre indemnité dépasse les plafonds d'exonération fiscale, le versement d'une partie de celle-ci sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) peut neutraliser l'imposition. Chaque euro versé sur un PER est déductible du revenu imposable dans la limite du plafond d'épargne retraite (10 % du PASS, soit 4 806 € en 2026, ou 10 % des revenus N-1 si plus favorable).

Cette stratégie ne s'improvise pas : elle suppose d'avoir ouvert un PER avant le départ et de disposer d'un plafond de déduction inutilisé. À discuter avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Fiscalité et charges sociales : ce que vous percevez réellement

L'indemnité de départ à la retraite n'arrive jamais intacte sur le compte bancaire. Son traitement social et fiscal dépend de sa qualification : légale, conventionnelle ou supraconventionnelle : et du cadre du départ. Distinguer ces strates est indispensable pour une simulation fidèle.

Le régime social obéit à un principe simple : l'indemnité est exonérée de cotisations sociales dans la limite du montant prévu par la loi ou la convention collective. La fraction excédentaire : ce que l'employeur verse au-delà, parfois négocié dans le cadre d'un accord de départ : est assimilée à du salaire et subit l'ensemble des cotisations (maladie, vieillesse, chômage, retraite complémentaire).

La CSG et la CRDS s'appliquent sur la part supra-légale au taux de 9,2 % et 0,5 % respectivement. Pour l'indemnité légale elle-même, le forfait social (20 %) peut s'appliquer dans certaines branches si l'employeur le pratique. Ces prélèvements sont directement prélevés par l'employeur avant le versement.

Exonérations de cotisations sociales : conditions et plafonds

L'exonération de cotisations sociales couvre l'indemnité légale ou conventionnelle de départ à la retraite, sans condition de montant : contrairement à l'indemnité de licenciement qui est plafonnée à 2 PASS (96 120 € en 2026).

En pratique, cela signifie qu'un salarié en départ volontaire percevant l'indemnité prévue par sa convention collective ne subit aucune cotisation sociale (hors CSG/CRDS sur la part supra-légale). Le bulletin de paie mentionnera une ligne « indemnité de départ à la retraite » avec un net quasiment égal au brut, à la CSG/CRDS près.

Pour la mise à la retraite, l'exonération est plus encadrée. L'indemnité légale (1/4 puis 1/3 par année) est exonérée sans plafond, mais la fraction dépassant le montant légal est soumise à cotisations dès le premier euro.

Imposition à l'IR : barème progressif ou quotient ?

L'indemnité de départ à la retraite est imposable à l'impôt sur le revenu, selon deux modalités possibles.

Le barème progressif s'applique par défaut : l'indemnité est ajoutée aux autres revenus de l'année et taxée selon la tranche marginale d'imposition. Pour un salarié déjà imposé à 30 %, chaque euro d'indemnité imposable subit 30 % d'IR.

Le système du quotient, prévu à l'article 163-0 A du Code général des impôts, permet d'atténuer la progressivité en lissant le revenu exceptionnel sur plusieurs années. Il ne réduit pas l'impôt dû, mais évite qu'un revenu concentré sur une seule année ne fasse basculer dans une tranche supérieure. L'employeur ne l'applique pas automatiquement : c'est au salarié d'en faire la demande dans sa déclaration de revenus.

L'exonération fiscale couvre l'indemnité légale ou conventionnelle de départ à la retraite, sans plafond spécifique. La part supraconventionnelle est imposable en totalité. Pour une évaluation plus fine de votre situation, le simulateur retraite 2026 intègre une estimation du revenu net après impôt selon différentes hypothèses de départ.

Toutefois, une suspension de la réforme retraite 2026 pourrait modifier ces modalités fiscales, il est donc important de rester informé.

Outils de simulation gratuits : comment les utiliser efficacement

Aucun simulateur officiel ne calcule directement le montant de l'indemnité de départ à la retraite. Le portail Info Retraite (info-retraite.fr) propose un simulateur de départ anticipé qui détermine l'âge auquel vous pouvez liquider vos droits, le nombre de trimestres validés et une estimation de votre pension : mais pas le montant de l'IFC. De même, le simulateur M@rel (service-public.fr) projette le montant de la retraite, pas l'indemnité de rupture.

Cette lacune des outils publics oblige à construire sa propre simulation en suivant la méthode décrite dans ce guide. Quatre étapes suffisent : identifier le salaire de référence le plus favorable, appliquer le coefficient d'ancienneté du barème légal, vérifier la convention collective, puis estimer les prélèvements sociaux et fiscaux.

Pour les salariés à l'aise avec les tableurs, un fichier Excel maison reste l'outil le plus fiable. L'avantage du tableur est de pouvoir tester plusieurs scénarios (date de départ différente, méthode de calcul alternative) et de documenter la démarche pour l'échanger avec son service RH ou un conseiller retraite.

Les simulateurs officiels et leur périmètre réel

Le site info-retraite.fr (GIP Union Retraite) centralise les données de tous les régimes obligatoires : CNAV, Agirc-Arrco, MSA, régimes spéciaux. Son simulateur de départ anticipé vous indique si vous remplissez les conditions pour partir avant l'âge légal (carrière longue, handicap, incapacité permanente). Il ne produit aucune estimation de l'indemnité de fin de carrière.

Le simulateur M@rel de l'Assurance retraite (service-public.fr) estime le montant mensuel de votre pension une fois liquidée. Utile pour vérifier que vous partez bien à taux plein, mais inopérant pour l'IFC.

En complément, l'outil mis à disposition par La Finance pour Tous (lafinancepourtous.com) récapitule les formules légales et permet une première estimation manuelle. C'est actuellement la ressource la plus directement exploitable pour une simulation d'indemnité de départ retraite.

Construire sa propre simulation : méthode tableur

Un tableur bien construit vous fait gagner en précision et en flexibilité. Voici la structure recommandée :

  • Onglet 1 : Données : saisissez votre ancienneté, votre salaire brut mensuel, les primes perçues sur les 12 derniers mois et les 3 derniers mois
  • Onglet 2 : Calcul : formulez les deux méthodes de salaire de référence, puis appliquez le coefficient d'ancienneté légal et conventionnel ; conservez le résultat le plus élevé
  • Onglet 3 : Net estimé : appliquez les taux de CSG (9,2 %) et CRDS (0,5 %) sur l'éventuelle part supra-légale ; estimez l'IR selon votre tranche marginale

Ce tableur ne remplace pas le décompte final de l'employeur, mais il vous donne un ordre de grandeur fiable et vous alerte si l'écart avec le montant proposé par l'entreprise dépasse 5 à 10 %. Dans ce cas, une vérification contradictoire s'impose avant la signature du solde de tout compte.

Cas particuliers à ne pas négliger : BTP, PSE et accords d'entreprise

Trois situations sortent du cadre général et méritent une attention distincte dans votre simulation d'indemnité de départ à la retraite.

Dans le BTP, la prime de départ à la retraite n'est pas versée par l'employeur mais par la caisse de congés payés du bâtiment : PRO BTP pour les ouvriers, la caisse des cadres pour les ETAM et cadres. Le salarié doit adresser sa demande directement à la caisse dont il relève, muni de son dernier bulletin de salaire et de la notification de départ en retraite. Le montant est calculé selon les barèmes conventionnels de la branche, généralement plus favorables que le minimum légal.

Un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) peut intégrer des mesures de départ anticipé en retraite avec des indemnités majorées. Dans ce contexte, les sommes perçues au-delà du barème conventionnel sont soumises au régime social des indemnités de licenciement, avec des plafonds d'exonération distincts. Le salarié concerné par un PSE a tout intérêt à faire vérifier son calcul par un avocat ou un délégué syndical.

Les accords d'entreprise peuvent également prévoir des indemnités de départ en retraite supérieures à la convention collective de branche. Ces accords sont déposés auprès de la DREETS et accessibles via le service RH ou le comité social et économique (CSE).

Prime départ retraite dans le BTP : une caisse dédiée

Le mécanisme est spécifique : les employeurs du BTP cotisent auprès d'une caisse de congés payés et de chômage intempéries qui gère également l'indemnité de fin de carrière. Le salarié qui prend sa retraite doit s'adresser à PRO BTP (pour les ouvriers) ou à la CNPO (caisse nationale des cadres) selon son statut.

La demande s'effectue par formulaire, accompagné de la notification de départ en retraite et de l'attestation de l'employeur. Le délai de versement est généralement de 4 à 6 semaines. Le montant suit le barème conventionnel BTP, qui prévoit jusqu'à 4 mois de salaire après 30 ans d'ancienneté pour un départ volontaire.

Avant de finaliser votre demande, consultez notre guide détaillé sur la prime départ retraite PRO BTP 2026.

PSE et accords d'entreprise : des droits potentiellement plus élevés

Un PSE qui inclut un volet « senior » peut proposer des indemnités de départ en retraite très supérieures au cadre légal, parfois couplées à une dispense d'activité rémunérée jusqu'à la liquidation des droits. Ces dispositifs sont négociés entre la direction et les organisations syndicales.

Le point de vigilance concerne le traitement fiscal et social : les sommes versées au-delà du cadre légal ou conventionnel sont pleinement soumises à cotisations et à l'IR. Avant d'accepter une proposition de départ dans le cadre d'un PSE, calculez le net après prélèvements : un montant brut flatteur peut cacher un net décevant.

Fiche pratique

Salaire de référence (méthode la plus favorable)1/12ᵉ des 12 derniers mois OU 1/3 des 3 derniers mois (source : lafinancepourtous.com, 2026)
Départ volontaire : barème légal0,5 mois (10 ans), 1 mois (15 ans), 1,5 mois (20 ans), 2 mois (30 ans et plus)
Mise à la retraite : barème légal1/4 de mois par année ≤ 10 ans + 1/3 de mois au-delà (source : éditions Tissot, 2026)
Exonération sociale maximale2 PASS, soit 96 120 € en 2026 (indemnité légale ou conventionnelle)
Exonération fiscale maximale6 PASS, soit 288 360 € en 2026
Ancienneté minimale (départ volontaire)10 ans (art. L1237-9 du Code du travail)
Contact officielinfo-retraite.fr : simulateur de droits et informations personnalisées

Sources

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Vos questions

Quelle est l'indemnité de départ à la retraite légale en France ?

L'indemnité légale de départ volontaire à la retraite est fixée par l'article L1237-9 du Code du travail : 0,5 mois de salaire après 10 ans d'ancienneté, 1 mois après 15 ans, 1,5 mois après 20 ans et 2 mois après 30 ans (La Finance pour Tous, 2026). La convention collective peut prévoir des montants supérieurs, qui s'appliquent alors automatiquement.

Quelle indemnité pour 35 ans d'ancienneté ?

En départ volontaire, le barème légal plafonne à 2 mois de salaire, même au-delà de 30 ans d'ancienneté. En mise à la retraite par l'employeur, le calcul proportionnel donne environ 10,8 mois de salaire pour 35 ans : 2,5 mois pour les 10 premières années (1/4 par an) + 8,33 mois pour les 25 suivantes (1/3 par an). La convention collective applicable peut sensiblement majorer ces montants.

Qui verse la prime de départ à la retraite dans le BTP ?

Dans le BTP, la prime de départ à la retraite est versée par la caisse de congés payés dont relève le salarié : PRO BTP pour les ouvriers, la CNPO pour les cadres et ETAM : et non par l'employeur. Le salarié doit adresser sa demande à la caisse compétente avec son dernier bulletin de salaire et la notification de départ en retraite.

Doit-on payer des impôts sur les primes de départ en retraite ?

L'indemnité légale ou conventionnelle de départ à la retraite est exonérée d'impôt sur le revenu, sans plafond spécifique. Seule la part excédant le montant légal ou conventionnel (part supraconventionnelle) est imposable, selon le barème progressif de l'IR ou le système du quotient sur demande. La CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %) s'appliquent également uniquement sur cette part excédentaire.